Décès

Foulek Ringelheim nous a quittés

Lundi 16 septembre 2019 par La Rédaction

Magistrat, essayiste, romancier ayant accompagné le CCLJ dans ses grands combats, Foulek Ringelheim est décédé à l’âge de 81 ans.

 

Né en 1938 à Ougrée (Liège), Foulek Ringelheim a survécu à la Shoah en étant caché dans un village de la région liégeoise. Après la Guerre, il retourne à Liège où il effectue sa scolarité et poursuit des études de droit.

Avocat puis magistrat, membre du Conseil supérieur de la justice et rédacteur en chef de la revue Juger, il consacre de nombreux articles et d’ouvrages à la justice et à la place de cette dernière dans la société.

Proche de Jean Gol et de Roger Lallemand, il a accompagné le CCLJ dans ses combats. Homme de conviction, il a publié de nombreuses réflexions et articles dans Regards et il acceptait volontiers de prendre la parole à la tribune du CCLJ lors de conférences et de débats. Le dernier article qu’il avait écrit pour Regards était notamment consacré aux mauvais usages de la mémoire de la Shoah.

Il a publié son premier roman en 2001 : Le juge Goth. Suivra en 2006 La seconde vie d’Abraham Potz. Dans ce dernier roman, Foulek Ringelheim croquait avec un humour féroce un vieux psychanalyste juif à la mémoire vacillante, mais perverse, au sexe grabataire qui promène sa décrépitude dans les rues de Paris. Pour se venger de sa déréliction et conjurer le désespoir, il se lance en claudiquant dans une carrière d'assassin. Il rêve d'un procès d'assises en guise de cérémonie des adieux, où, face à une société ingrate, il proclamerait les droits de l'homme vieux ! Pour ce roman, Foulek Ringelheim a obtenu le Prix des lycéens.

« Grande figure intellectuelle, Foulek avait aussi un humour décapant », se souvient son ami Jacques Sojcher, philosophe et professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles (ULB). « En campant des personnages exubérants et en ironisant sur le monde judiciaire, il poursuivait une réflexion profonde sur la justice et la société ».

Jacques Sojcher qui appréciait la plume de Foulek Ringelheim regrette d’ailleurs qu’il n’ait pas écrit davantage. Il avait toutefois écrit un manuscrit autobiographique dont le titre Boule de juif fait référence à la fois à la nouvelle de Maupassant et à sa judéité.

« C’était un ami et un complice », souligne Jacques Sojcher. « Sans oublier que Foulek était un excellent mari. Cet homme extraordinaire, ce Mensch comme on dit chez nous, va me manquer ».

Le CCLJ et la rédaction de Regards présentent à sa famille et à ses proches leurs plus sincères condoléances. Foulek Ringelheim nous laisse le souvenir d’un intellectuel engagé, mais aussi d’un ami fidèle du CCLJ.


 
 

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  • Par ezekiel - 17/09/2019 - 14:56

    Je présente toutes mes condoléances à la famille de Monsieur Ringelheim qui était un vrai Mensch

    E.M.

  • Par Isy Pelc - 18/09/2019 - 12:50

    Nous présentons à la famille de Foulek Ringelheim toutes nos condoléancesFoulek était un grand homme, avec de nombreuses qualités.Avec lui, nous perdons un Ami, et la Communauté un Mensch.Nelly, Isy Pelc et leurs enfants.

  • Par Nadine Peny - 18/09/2019 - 17:28

    Je ne connaissais Foulek que par les dires affectueux de mon amie Dany, et je suis impressionnée par son parcours. C est triste qu un homme aussi brillant soit parti si tôt et je présente mes chaleureuses condoléances à sa femme Marianne que la douleur doit ravager.