L'humeur

UNIA, c'est bon pour les Juifs?

Mardi 5 novembre 2019 par Joël Kotek, Directeur de publication
Publié dans Regards n°1053

Décidément, UNIA se révèle incapable de se mobiliser contre le phénomène antisémite. L’antisémitisme est l’angle mort du Centre interfédéral de lutte contre le racisme. Pour preuve son incapacité à condamner les marionnettes géantes du Carnaval d’Alost.

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    Pour mémoire, l’un des chars de l’édition 2019 représentait des marionnettes géantes de Juifs orthodoxes, savamment enlaidis, assis sur des sacs d’or et d’argent ; l’un d’eux avec un rat sur son épaule. A l’époque des faits, en février 2019, UNIA, sommé de donner son avis, avait botté en touche sous prétexte que « tous les carnavals avaient une dimension de transgression (et que) le char n’avait pour vocation que de défiler dans les rues d’Alost, pas de faire le tour du monde ».

    Question : l’antisémitisme local serait-il donc légitime ? En octobre 2019, huit mois plus tard, le Centre a déposé des conclusions qui confortent sa thèse initiale. A le suivre, ce char n’aurait pas violé la loi sur le racisme parce qu’« il n’y avait pas d’incitation consciente à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les Juifs ». Et son co-directeur, Patrick Charlier, de souligner que « ce qui est blessant pour une personne est considéré comme du folklore pour une autre ». Ben tiens. Mieux encore, à le suivre, les offensés ne seraient pas ceux que l’on croit. Emporté dans son élan chèvrechoutiste, notre homme n’a pas manqué, en effet, de s’inquiéter des « réactions très dures » reçues par les carnavalistes du groupe impliqués dans la… polémique : « Même les caricatures qui frappent fortement les esprits de manière non intentionnelle (mais comment le sait-il ?) ne devraient pas entraîner de menaces ». Ainsi, non seulement nos « joyeux lurons » ne seraient coupables de rien, ou de si peu, mais seraient en quelque sorte les véritables victimes de cette triste polémique.

    Que Patrick Charlier se rassure, la violence n’a jamais été le propre des Juifs. Depuis près de 2.000 ans, en effet, les enfants d’Israël ont été bien moins enclins à porter qu’à recevoir des coups. Au sortir de la guerre, les cas de vengeance ont été rarissimes, malgré les six millions d’âmes emportés par la Shoah. On comprend dès lors aisément pourquoi les « courageux transgresseurs » ont tôt compris qu’il était préférable de tester les limites de la liberté d’expression sur les Juifs plutôt que sur les catholiques ou les musulmans, sauf exceptions mortelles. Les journalistes de Charlie Hebdo ne sont plus là, hélas, pour en témoigner. Rassurons donc UNIA, le folklore antisémite peut se consommer sans modération : aucune protection policière n’est requise pour ces défenseurs de la libre expression (antisémite).

    Le raisonnement des experts du Centre interfédéral tient de l’enfumage si l’on songe à l’impact du folklore et des carnavals nazis, sans oublier qu’Alost est coutumier des dérapages antisémites et négationnistes. S’agissant de l’édition 2019, sans aborder la question de la laideur juive qui sort du cadre de cet article, il est évident qu’associer systématiquement l’argent aux Juifs ressort de l’antisémitisme le plus trivial et vulgaire. Parodier, c’est exagérer le réel. Du réel, on en est loin. D’abord, les Juifs hassidim sont loin de rouler sur l’or. Ensuite, les Juifs de Belgique sont issus dans leur majorité de la misère d’Europe centrale et orientale. Au siècle dernier, la Belgique comptait bien moins de Juifs banquiers que de Juifs socialistes ou communistes.

    Pour conclure, je dirais que cette lamentable affaire prouve de manière éclatante que l’histoire ne sert à rien, en tout cas pas à infléchir ou à agir sur le présent. Car, si c’était le cas, nos experts d’UNIA auraient fait le lien, ici, entre les dessins d’humour français fin de siècle et le triomphe de Vichy, là, entre les chars antisémites du carnaval de Cologne de 1933 et la Shoah, ou encore, entre les caricatures de Kangura et le génocide des Tutsi. Non, c’est tout l’opposé qui paraît vrai. C’est bien l’actualité, le temps présent qui nous explique les aboulies et les lâchetés des temps passés. La crise migratoire d’aujourd’hui permet de comprendre le refus des populations et Etats européens, arabes, nord et sud-américains de recevoir des réfugiés juifs sur leur sol, juste avant la Shoah.

    Enfin, compte tenu de son aboulie, je m’interroge personnellement sur l’utilité d’UNIA, cette Agence interfédérale censée nous protéger des expressions et agressions antisémites. N’allez pas croire que je me situe dans le sillage de la NVA. Que du contraire ! Que peuvent bien craindre nos nationalistes flamands d’une Agence qui se refuse à prendre ses responsabilités tant vis-à-vis des expressions de folklore antisémite que colonial (blackface).

    Chers lecteurs, agissons avec les moyens qui ont toujours été les nôtres (la conviction bien davantage que la menace) pour que le carnaval d’Alost soit en tout cas rayé de la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO.


     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par LEJEUNE jean paul - 5/11/2019 - 15:20

      Je suis scandalisé par le laxisme coupable d'unia... Composé et
      dirigé par des islamo socialistes antisémites. Tout comme le mrax, infiltré par des islamistes. La honte à nos dirigeants déjà bien... Soumis.

    • Par Rudi - 5/11/2019 - 22:07

      Conclusion honteuse! "N’allez pas croire que je me situe dans le sillage de la NVA. Que du contraire ! Que peuvent bien craindre nos nationalistes flamands d’une Agence qui se refuse à prendre ses responsabilités tant vis-à-vis des expressions de folklore antisémite que colonial (blackface)." C'est bien la N-VA qui a critiqué la première et exigé un audit après l'affaire de "kromspraak" que j'avais découvert! Non je ne suis pas N-VA mais bien un observateur non- biaisé par des dogmes anti-Flamands. Et ou était Kotek quand j'ai fait ce dossier? Aux abonnés absents? UNIA et l'antisémitisme en Belgique: «stop ou encore» ?
      https://www.academia.edu/31836176/UNIA_et_lantis%C3%A9mitisme_en_Belgique_stop_ou_encore_

    • Par candide - 6/11/2019 - 19:39

      D'accord avec cette belle analyse et l'inutilité de UNIA qui ne sert effectivement à rien qu'à faire semblant que l'on s'occupe du problème.
      Il est temps d'agir avec fermeté et de contester UNIA et faire en sorte que disparaisse cet organisme.
      Par ailleurs la directrice de l'UNESCO n'est-elle pas juive franco-marocaine? Il serait bon que des organes de presse juifs (Regards, l'Arche, quelques autres anglophones) lui écrivent pour plaider la radiation de ce foutu carnaval de la liste du patrimoine de l'humanité où figure si honteusement l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem mais pas le Mont du Temple qui semble n'avoir jamais existé: on est en droit de se demander quelle folie a piqué Jesus pour chasser le marchands d'un Temple qui n'a jamais existé.
      Et n'ayons pas peur des conséquences car les "soumis" n'ont jamais été respectés. il n'y a que la fermeté qui risque d'imposer le respect. En d'autres termes la peur est bonne conseillère: voyez donc la suite de Charlie et à quel point la peur a imposé l'autocensure ...en quelque sorte jeté un "voile" sur notre indignation.