Vu de France

La renaissance de la Ligue de Défense juive

Mardi 4 mars 2014 par Laurent-David Samama
Publié dans Regards n°794

A l’occasion de l’anniversaire de la mort d’Ilan Halimi, les Juifs de France ont, semble-t-il, renoué avec cette idée d’errance, jamais tout à fait absente dès lors que l’on vit en diaspora. Ils se sentent moins bien dans leur pays, c’est indéniable, et cela fait plusieurs fois qu’on le raconte, ici, dans Regards et plus particulièrement dans cette chronique mensuelle consacrée à l’Hexagone.

 

Il s’agit là d’une réaction quasi mécanique : plus la virulence du sentiment antisémite croit, plus les chiffres de l’alya augmentent. La France, jadis terre d’idéal et de possibilités, semble s’enfoncer dans une morosité propice au développement du pire. En 2014, ils sont nombreux ceux qui se frottent les mains pour nous expliquer que cela ne rate pas, que le pire ne déçoit jamais. Et voilà que pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a entendu crier « Juif, la France n’est pas à toi ! » dans les rues de Paris… Tout cela est certes le fait d’une minorité en quête de publicité, mais symboliquement, c’est effroyable, insupportable ! Et cela donne encore plus d’arguments à ceux qui, en devins alarmistes, nous expliquent qu’à terme, la France se videra totalement de ses Juifs.

Face à ces phénomènes angoissants, en marge des réponses politiques et de l’action d’une communauté juive très organisée, la Ligue de Défense Juive (LDJ) opère un retour mineur, mais remarqué. Violentes et entourées d’un mythe tenace, les activités de la milice honnie défraient la chronique. Du jet de peinture sur les ennemis de la Ligue (Olivia Zemor, Jacob Cohen) aux descentes dans des cités, on prête à l’organisation des dizaines d’actions violentes, dont plusieurs ont débouché sur des condamnations.

Créée au tournant des années 2000, la Ligue de Défense Juive puise ses racines dans le Betar, ce mouvement de jeunesse juif de droite, très proche du Likoud. Prônant un sionisme absolu, proche des thèses du Kach, la LDJ (dont les branches américaines et israéliennes furent interdites) entend apporter une réponse plus ferme et plus violente à l’antisémitisme qui sévit en France. On a pourtant peine à comprendre en quoi les activités de la LDJ pourraient représenter une véritable solution pour les Juifs de France en souffrance.

Ancien président de l’UEJF, Jonathan Hayoun adopte une attitude ferme face au mouvement qu’il qualifie de « raciste » : « Les institutions juives représentatives condamnent fermement la LDJ. Cette position est claire et souvent portée de concert dans des écrits ou prises de parole des dirigeants communautaires. Sa mise au ban des institutions est claire et sans équivoque ». Pourtant, à mesure que le climat social se détériore en France, le volume des soutiens du groupuscule parmi les dirigeants de la communauté juive semble s’accroitre. L’avocat Gilles-William Goldnadel avait ainsi défendu des militants LDJ et l’on voit régulièrement Gil Taieb, nouveau vice-président du CRIF, dans les rassemblements où la LDJ est elle aussi visible. Bizarre…   


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par RAPACE - 24/03/2014 - 21:50

    La LDJ c'est pas plus mal que JcALL usa qui envoie des étudiants(?) se faire prendre en photo sur la tombe du terroriste Arafat