Israéliens et Palestiniens au chevet de la Belgique

Lundi 9 juin 2008

 

Le Centre pour lequel je travaille a toujours apporté son soutien aux Israéliens et aux Palestiniens militant en faveur de la paix. Ainsi, dès les années septante, le fondateur, David Susskind, mettait sa demeure familiale à disposition de deux personnalités, le Palestinien Issam Sartaoui et l’Israélien Arié Lova Eliav, qui avaient déjà compris qu’il fallait se regarder autrement qu’à travers la lunette du fusil. Depuis, mon centre n’a jamais cessé de relayer toutes les initiatives civiles et politiques en faveur de la paix. Mais quel lien avec la Belgique et sa crise communautaire ? Ici, il n’y a pas de conflit armé, pas de victimes civiles et militaires, pas de cycle infernal de la violence. On se parle, on vit ensemble, peut-être pas sans haine mais certainement sans violence armée. Les francophones adorent la côte et les flamands les Ardennes. Pourtant, les uns rêvent d’une Belgique unie, les autres de plus d’autonomie, voire de séparation. La crise institutionnelle est bien présente, il faut la résoudre car elle compromet gravement et durablement la stabilité du pays et ternit notre image à l’étranger. Lorsque la deuxième Intifada a éclaté en septembre 2000 et lorsque les pourparlers de Camp David et Taba entre Ehud Barak et Yasser Arafat ont définitivement échoué en 2001, tous les militants de la paix entre Israéliens et Palestiniens étaient totalement découragés, pressentant un nouveau durcissement du conflit avec son cortège d’occupation, de répression, de terrorisme, de sang, de larmes, de morts et de deuils. Puis en 2003, le monde apprend avec surprise et étonnement que les négociations avaient continué dans le plus grand secret entre deux hommes politiquement crédibles, l’Israélien Yossi Beilin, artisan des accords d’Oslo et le Palestinien Yasser Abed Rabbo, Ministre de Yasser Arafat pour aboutir en octobre 2003 au « Plan de Genève ». Leur méthode : éviter les platitudes sur la cœxistence pacifique et se concentrer d’emblée sur les points d’achoppements, sur le « cœur radioactif » du conflit : le droit au retour des réfugiés palestiniens, Jérusalem, les implantations, les frontières définitives et ce, loin des caméras, dans le plus grand secret, de préférence à l’étranger. Trois ans de travail difficiles pour aboutir à un accord de paix, certes virtuel, mais pragmatique, selon la formule de l’écrivain isaélien Amos Oz : « un divorce douloureux, compliqué, mais un divorce qui libère des menottes ». Aujourd’hui, certes, nous sommes loin de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais tous les spécialistes savent que la solution définitive entre Israéliens et Palestiniens ressemblera très fort au Plan de Genève. L’Europe, les Etats-Unis, le Quartet et les Nations unies le savent. Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert le sait, le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas le sait. Mais aucun des deux n’a la force politique et le leadership nécessaire pour mettre en œuvre un tel accord et réduire au silence les extrémistes. En Belgique, la situation est bien différente : nous ne connaissons pas encore la solution, à savoir un accord définitif qui comprend le maximum acceptable pour les uns et le minimum tolérable pour les autres. Une solution durable et non pas une succession d’accords boiteux et provisoires dont le destin est d’être remis en cause une fois conclus. Aujourd’hui, nos dirigeants politiques ne parviennent même plus à se mettre d’accord sur une méthode de travail. Je pense sérieusement que Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo pourraient conseiller le gouvernement Leterme Ier. La méthode pour aboutir au Plan de Genève était excellente : travailler loin des caméras pour éviter le travail usant de communication, constituer un noyau dur de personnalités des deux bords et se concentrer uniquement sur l’essentiel : le cœur du conflit, sans échappatoires, sans arrière-pensées.


 
 

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  • Par ZAIM YOUSSEF - 18/08/2013 - 12:27

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    ECRIVAIN JOURNALISTE ET CRITIQUE POLITIQUE
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