Musique

Voici le 24e Festival Mozart!

Mardi 3 septembre 2019 par Florence Lopes Cardozo
Publié dans Regards n°1049

On l’a pratiquement vu naître, on a suivi ses jeunes années, son épanouissement, sa maturité : le Festival Mozart célèbre déjà ses 24 ans, avec plusieurs dates cette année, dont le samedi 14 septembre 2019 à 15h au Musée juif de Belgique.

 

Fidèle à son concept, le festival réunira onze grands solistes internationaux en un temps court. L’espace d’une petite semaine, ils formeront une famille, logeront en un même lieu, répéteront intensément, partageront la table, mais surtout livreront à Waterloo, Bruxelles, puis Glabais, quelques généreux concerts gorgés de complicité. Côté public, les auditeurs se délecteront, en entrée, de quelques pièces de Mozart, suivies d’autres saveurs variées.

Cette édition inaugure, par ailleurs, un nouveau lieu : le Musée juif de Belgique. C’était déjà un souhait de Georges Schnek : inviter la pianiste Dalia Ouziel pour un concert en ces murs. Ce vœu s’exaucera enfin le 14 septembre prochain. Dès 15h s’élèveront, dans la jolie salle haute de plafond, les premières notes de l’ouverture des Noces de Figaro pour quintette à clavier, suivies de trois autres pièces de Mozart. Cette petite heure d’enjouement sera suivie d’une collation, puis d’une deuxième partie consacrée à Haydn, Bloch, Bruch et von Dohnanyi (pas de noms propres au Scrabble).

Quelques notes sur Ernest Bloch 

Né en 1880 dans une famille juive à Genève, Ernest Bloch étudie le solfège avec Emile Jaques-Dalcroze, le violon avec, entre autres, Eugène Ysaÿe à Bruxelles (1897-99), puis la composition avec Iwan Knorr en Allemagne. En 1903, il séjourne une année à Paris, où il rencontre Claude Debussy. En 1909, il devient chef d’orchestre en Suisse, avant de partir en 1916 aux Etats-Unis accompagner la danseuse-étoile Maud Allan. Il enseigne la composition à Cleveland, prend la nationalité américaine en 1924 et devient, de 1925 à 1930, directeur du Conservatoire de San Francisco. C’est au cours de cette période qu’il commence à traduire son héritage juif en musique, avec, notamment, L’Israel Symphony, Trois Poèmes juifs, Schelomo ou encore « rhapsodie hébraïque » pour violoncelle et orchestre. Il revient en Europe dans les années 30, expérimente le nazisme, puis retourne en 1939 en Amérique. Professeur à l’Université de Berkeley en Californie de 1942 à 1952, il décède à Portland en 1959.

Tout cela pour introduire « From Jewish Life », pièce écrite en 1924 pour le violoncelliste Hans Kindler. Vous aurez le plaisir d’écouter le premier des trois mouvements, « Prayer », dont il est dit qu’il « a le goût d’une prière chantée avec ferveur, ou d’un hymne de pétition, dans une synagogue traditionnelle ashkénaze* ». Bloch y exprime une intensité émotionnelle, nimbée de joie et de tristesse. Le tempo lent contribue à créer une ambiance introspective.  

Ernő Dohnányi, vous connaissez ?

Contemporain de Bloch, Ernő Dohnányi naît en 1877 en Hongrie. Il découvre la musique avec son père avant d’entrer à la Liszt Ferenc Zeneakadémia de Budapest. Pianiste renommé à Berlin en 1897, il se produit dans toute l’Europe et dirige également les œuvres de ses contemporains, tel Béla Bartók qu’il a fréquenté étudiant. Il se rend aux Etats-Unis en tant que concertiste, puis est invité à enseigner, de 1905 à 1915, à la Hochschule de Berlin. Nommé directeur de l’Académie de musique de Budapest en 1919, il est renvoyé la même année pour raisons politiques avant de réintégrer ce poste de 1934 à 1941. Il perd ses deux fils, opposés comme lui aux nazis, lors de la Seconde Guerre mondiale. Dohnányi  émigre aux Etats-Unis où il enseigne à l’Université de Floride, tandis qu’il continue à composer, influencé par le jazz et le folklore américain. Il fait, par ailleurs, l’objet d’une campagne de dénigrement de la part du gouvernement communiste hongrois. Il meurt en 1960 à New York. Voilà, brièvement pour le compositeur. Quant à sa « Sérénade » opus 10 pour trio à cordes (1902) -au programme de ce 14 septembre-, on dit de cette œuvre, en hommage à Joseph Haydn, qu’elle est un joyau de sa production chambriste.

On parle, on parle, des mots, des mots ! Trêve de blabla, larguons les amarres et retrouvons les concertistes du Festival Mozart pour une ambiance unique : musique !

https://www.milkenarchive.org/music/volumes/view/intimate-voices/work/from-jewish-life/

Le Festival Mozart 2019 se produira les 12, 14 et 15 septembre 2019, avec : Alexei Moshkov, Christoph Schickedanz, Chihirio Yamamoto et Daniel Rubenstein au violon ; Marc Sabbah et Tony Nys à l’alto ; Maja Bogdanovic et Michel Strauss au violoncelle ; Henri Bonami et Dalia Ouziel au piano ; Clotilde van Dieren (mezzo) au chant.

Plus d’infos  www.festival-mozart.be

 
 

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